Quebec-Cuba

Québec. Direction sud. Direction, la honte!

Varadero (province de Matanzas, Cuba)

by Manuel Tana-Lalande


Novembre 2009, cinq jours de plage et de repos bien mérités. Direction Varadero. Ce que je m’apprête à vivre est quasi indescriptible. La honte d’un peuple. La honte de mon peuple.

L’histoire commence avec 249 «taouins» qui, la seconde qu’une roue de l’avion touche la piste,  commenceront à applaudir comme si Miralla Freni venait de chanter si mi chiamano Mimi. Du calme, messieurs dames ce n’était qu’un simple et banale atterrissage. Bon excusons les pour cette incartade, l’excitation des vacances peu nous faire faire des choses parfois bien étranges.

Direction les autobus qui nous mènerons jusqu’aux hôtels. Sachant que le trajet sera d’une durée d’environ une heure je m’installe, livre en main, confortablement dans mon siège. Oh horreur, le GROUPE de québécoise (rire gras et porcin au rendez-vous) trop heureuse d’être enfin arriver à Cuba embarque dans le dit autobus. Je peux donc oublier mon heure de repos avec un livre. Le répertoire des chansons à répondre y passe au complet de  je m’en vais chasser le lion à on saute sur les lits la, si, la, sol, fa, mi en passant par l’arbre est dans ses feuilles (version remixée pour cuba qui donne un truc du genre…les filles sont dans le bus, le bus et sur la route, la route est à Cuba, etc, etc.) Prions pour que «mes» chères demoiselles ne soient pas au même hôtel que moi. MARDE elles y seront!

Clé en main, je me rends à la course vers ma chambre pour avoir, enfin, un peu de repos. Entré dans la chambre, j’ouvre la porte du balcon avec, en tête, l’idée d’entendre le doux et mélodieux bruit de la mer et des grillions qui chantent à la lune. Le doux et mélodieux chant des grillions s’avéra être la non douce et nullement mélodieuse voix de Lady Gaga avec son grand hit Po-po-po-po-poker face (shit) et bien évidement «mes» québécoise de l’autobus sont sous l’effet d’alcool bas de gamme et bien trop heureuse, encore une fois, d’être enfin arrivées à Cuba! Adieu repos et doux bruit de la mer. Je referme la porte. Je mets des bouchons et je me planque la tête sous l’oreiller.  Une fois de plus portons le tout sous l’excuse de l’excitation des vacances et pardonnons-les.

La température étant un peu gâchée par le passage de l’ouragan Ida, les matins sont beau et les après-midis froids et souvent pluvieux. Peu importe, la mer est quand même belle. En bon vacancier et amateur de plage que je suis, je me retrouve donc tous les matins très tôt sur la plage, seul. SEUL, vous dites! Bien oui étant donné qu’ils auront tous fait la nouba jusqu’au petites heures du matin ils n’arriveront que vers 11 heures et à 13 heures où seront-ils quand les nuages et la pluie auront pris la place du soleil? Au bar, bien évidement. Je serai donc encore une fois (parfait pour moi) seul sur cette plage. Pouvez-vous alors m’expliquer le but de faire 4h d’avion, payer plus de 1500$ pour se retrouver assis derrière un bar. Ohé  les amis j’ai un «hint» pour vous, le pichet de Molson est à seulement 12$ à la taverne du coin. Rien à comprendre!

19h. Visite à la salle à manger. Haut lieu de conversations toutes plus intelligentes les unes que les autres.

Voyageant seul, je peux donc m’adonner à un de mes passe-temps favori, soit écouter les conversations des autres. Deux étapes bien simples pour réaliser se passe-temps. Un, choisir minutieusement notre table et deux la choisir préférablement à côté du groupe le plus turbulent et ivrogne possible.

LUI (qui raconte à ses amis): Hey les boys, vous savez pas tu quoi?

EUX (tous en chœur): Quoi?

LUI: Aujourd’hui j’ai découvert la meilleure bière qui a pas. Fini la Corona, fini la Presidente, au yable la Cristal. Moè j’ai trouvé la vraie bière, la bière d’homme. Pis la marque c’est CERVEZA. C’est le tit gars au bar du lobby qui m’a dit ça! (Ouch ça fait mal…Honte à mon peuple).

21h. Petit arrêt au bar de l’hôtel pour prendre un dernier verre de vin tranquillement couché dans un hamac et aussi, profitons-en tant qu’a y être, pour écouter les conversations de mon groupe de la salle à manger qui ont, eux aussi, eu la brillante idée de commander cette fois-ci des drinks au serveur. Les classiques drinks du sud y sont passés mais encore une fois avec un remix des noms, version Québec. Voici la liste (à vous de deviner les vrais noms): un Tina marina, un Grand madrier, une Crème d’amiante, un Bobbé césar ou Boddé césar selon l’humeur, un verre de Cabaret (Cabernet sauvignon) et un Running coke!

Voilà la honte de mon peuple! Je vous épargne bien sûr la seule et unique conversation que j’ai eu avec deux jeunes demoiselles à qui, j’avais essayé d’expliquer durant plus d’une heure que Cuba était un des pays avec l’un des meilleurs système de santé et d’éducation au monde. Mais non, elles ne voulaient rien comprendre. Pour elles, Cuba était un pays sous développé et sans culture.

Morale de mon voyage, prochaine fois que je suis dans le sud (parce que, oui je vais y retourner. La plage et le soleil étant denrée plutôt rare au Québec) J’adopte la position de l’Autruche et du poisson. Tête dans le sable pour ne rien entendre et tête sous l’eau pour, encore une fois, ne rien entendre.

Je prends les quelques lignes de disponible qu’il me reste pour m’excuser à toutes les Manon et tous les Roger de se monde qui sont bien loin de la réalité que j’ai pu décrire et je termine en vous invitant à me faire signe si vous avez la même opinion que moi sur les voyages dans le sud. Nous pourrions peut-être nous ouvrir un hôtel tous ensemble et «Ballzare» nos vies sur la plage!

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